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dimanche 20 juin 2010

"Ernst Jünger : un autre destin européen", par Dominique Venner


Les temps sont durs ? Ce n’est pas l’heure des idées molles ! Tous les deux mois, Dominique Venner (www.dominiquevenner.fr) l’illustre brillamment en livrant à ses lecteurs une « Nouvelle Revue d’Histoire » aussi tonique que riche en contenus et perspectives. Son dernier ouvrage est dans la même veine. Consacré à Ernst Jünger, ce géant européen, marqué tout comme Venner par une jeunesse pugnace et « maurétanienne » qui seule peut justifier la posture définitive de l’anarque, il est l’occasion d’une réflexion stimulante sur l’identité et le devenir de l’Europe. « En ce personnage singulier s’incarne en effet une figure ultime, celle d’un archétype européen provisoirement disparu, dont subsiste peut-être une secrète nostalgie. Que l’un des plus grands écrivains de ce siècle et l’un des plus cultivés ait été aussi un jeune officier des troupes d’assaut qui chanta la Guerre notre mère, voilà une rareté qui porte en elle l’unité perdue de natures arbitrairement opposées : le poète et le guerrier, l’homme de méditation et l’homme d’action »

Jaugeant Jünger à l’aune de l’histoire, des événements tragiques qu’il aura traversé, il l’utilise aussi pour éclairer cette histoire, et imaginer à partir de son exemple, de ses engagements comme de ses doutes, « un autre destin européen ».
Au fil des pages, la vie et l’œuvre de Jünger sont autant de clefs de lecture de son époque. Elles sont décryptées et discutées, avec cette absence totale de complaisance qu’autorise la véritable empathie, et pour tout dire l’admiration. La force de l’analyse de Dominique Venner est de pouvoir s’adresser aussi bien aux spécialistes de Jünger qu’aux lecteurs souhaitant une introduction éclairante à son œuvre vaste, touffue et parfois déroutante, servie par une langue « tour à tour limpide et mystérieuse ».
Mais l’originalité profonde de cette étude tient au traitement du sujet : « sismographe » de son époque, acteur engagé puis distancié, soldat, militant, poète et naturaliste, Ernst Jünger est sous la plume de Venner bien plus que le témoin de l’histoire de l’Europe au XXe siècle : le prophète de son nécessaire retour dans l’histoire, de la sortie de sa « dormition », de la rupture, tranquille mais totale, avec les chimères d’une société repue. « Et le lecteur méditatif songera que la tentation est forte pour l'Européen lucide de se réfugier dans la posture de l'anarque. Ayant été privé de son rôle d'acteur historique, il s'est replié sur la position du spectateur froid et distancié. [...] L’immense catastrophe des deux guerres mondiales a rejeté les Européens hors de l’histoire pour plusieurs générations. Les excès de la brutalité les ont brisés pour longtemps. Comme les Achéens après la guerre de Troie, un certain nihilisme de la volonté, grandeur et malédiction des Européens, les a fait entrer en dormition. A la façon d'Ulysse, il leur faudra longtemps naviguer, souffrir et beaucoup apprendre avant de reconquérir leur patrie perdue, celle de leur âme et de leur tradition ».

C’est pourquoi Jünger reste un modèle.
Son « éthique de la tenue » est un reflet de l’âme européenne, faite de réalisme héroïque et de stoïcisme tragique, de cette tension permanente et féconde entre Apollon et Dionysos. Et son exigence – « Viser plus haut que le but » - celle de tout Européen qui n’aurait pas renoncé à lui-même.
Et c’est ainsi qu’avec Dominique Venner la vie et l’œuvre d’Ernst Jünger deviennent « feuille de route » pour tous ceux qui entendent « résister aux démons ou aux lâchetés de l’époque » (Bruno de Cessole) et allumer des feux de bivouac, et de veillée, pour l’Europe à venir.

mardi 15 juin 2010

D. Venner: Secret Aristocracies


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Secret Aristocracies

Translated by Greg Johnson

Jean-Paul Sartre once said of Ernst Jünger: “I hate him, not as a German, but as an aristocrat . . .”

Sartre had some grave defects. In his political impulses, he was mistaken with a rare obstinacy. Fairly cowardly during the Occupation, he turned into an Ayatollah of denunciations once the danger had passed, castigating his colleagues who did not commit themselves with all necessary blindness to Stalin, Mao, or Pol Pot. Along with an infallible instinct for error, he had a keen sense for any elevation of spirit, which horrified him, and, conversely, for any baseness, which attracted him.

He was not wrong about Jünger: “I hate him, not as a German, but as an aristocrat . . .” Jünger was not an aristocrat by birth. His family belonged to the cultivated middle-class of Northern Germany. If he was an “aristocrat”—in other words, if he continually showed nobility and poise, moral and physical—it was not because he was born with a “von,” for that alone does not shelter one from baseness in one’s heart or deeds. If he was an “aristocrat,” it was not a matter of rank, but of nature.

Heroic warrior in his youth, sensational writer of the “conservative revolution,” who then became a contemplative sage of sorts, Jünger had an exceptional life, traversing all the dangers of a dark century and remaining free of any stain. If he is a model, it is because of his constant “poise.” But his physical poise did nothing more than manifest a spiritual poise. To have poise is to hold oneself apart. Apart from base passions and the baseness of passion. What was superior in him always repelled the sordid, infamous, or mediocre. His transformation at the time of On the Marble Cliffs might be surprising, but there is nothing vile about it. Later, the warrior-botanist reinvented himself, writing in his Treatise on the Rebel that the age required recourse other than the schools of yoga. These are the sweet temptations that he now kept at bay.

I have just written that Jünger was not an aristocrat by birth. I was wrong. He was. Not by family origin, but by a mysterious inner alchemy. In the manner of the little girl and the concierge in Muriel Barbery’s novel The Elegance of the Hedgehog (L’élégance du hérisson, Gallimard, 2006). Or in the manner of Martin Eden in Jack London’s novel of the same name. Born in the depths of poverty, Martin Eden had a noble nature. Mere chance puts any young person in a refined and cultivated milieu. He fell in love with a young woman who belonged to that world. The discovery of literature awoke in him the vocation of writer and a fantastic will to overcome himself, to completely leave his past behind, which he accomplished through tremendous ordeals. Having become a famous writer, he discovered simultaneously the vanity of success and the mediocrity of the young bourgeois woman whom he thought he loved. Thus he committed suicide. But that does not affect my point. There are Martin Edens who survive their disillusionment, and there always will be. They are noble, energetic, and “aristocratic” souls. But for such souls to “break out of the pack,” as one says of good hunting dogs, and rise to the top, role models are absolutely necessary. Living exemplars of inner heroism and authentic nobility down through the ages constitute a kind of secret knighthood, a hidden Order. Hector of Troy was their forerunner. Ernst Jünger was an incarnation in our time. Sartre was not wrong about that.

From Nouvelle Revue d’Histoire, no. 45



mardi 18 mai 2010

Ernst Jünger - Un autre destin européen


Un nouveau livre de Dominique Venner : Ernst Jünger. Un autre destin Européen

En librairie depuis le 15 mai 2009. Il s’agit de la première biographie consacrée en France à Ernst Jünger, grande et énigmatique figure du XXe siècle. Le 9 janvier 1995, à la veille de son centenaire, il adressait ce message de connivence à Dominique Venner : « Nous autres, camarades, nous pouvons montrer nos blessures ! »

Image Hosted by ImageShack.usLe livre :
Très jeune héros de la Grande Guerre, nationaliste opposé à Hitler, ami de la France, Ernst Jünger (1895-1997) fut le plus grand écrivain allemand de son temps. Mais ce n’est pas rendre service à l’auteur d’Orages d’acier que de le ranger dans la catégorie des bien pensants. Il n’a cessé au contraire de distiller un alcool beaucoup trop fort pour les gosiers fragiles. C’est ce Jünger, dangereux pour le confort, que restitue Dominique Venner. Il y replace l’itinéraire de l’écrivain dans sa vérité au cœur des époques successives qu’il a traversées. Belliciste dans sa jeunesse, admirateur d’Hitler à ses début, puis opposant irréductible, subsiste en lui le jeune officier héroïque des troupes d’assaut qui chanta « la guerre notre mère », et l’intellectuel phare de la “Révolution conservatrice”. Mais il fut aussi le guerrier apaisé qui tirait gloire d’avoir donné son nom à un papillon.

Dans cette biographie critique, Dominique Venner montre qu’aux pires moments du siècle, Jünger s’est toujours distingué par sa noblesse. En cela il incarne un modèle. Dans ses écrits, il a tracé les lignes d’un autre destin européen enraciné dans les origines et affranchi de ce qui l’opprime et le nie.

Dominique Venner, Ernst Jünger. Un autre destin Européen. Editions du Rocher, 240 p..

Source : le site Internet Dominique Venner.